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Le thème de cette semaine :
Du vivant et des Hommes.
Avec François-Henri Désérable, Catherine Meurisse, Mathias Enard, Sophie Divry et Elise Lespade. |

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François-Henri Désérable « Le Palais » (Gallimard)
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Arun Kumar est doté d'un palais absolu, d'une mémoire des arômes si infaillible qu'elle confine au prodige. Ce don extraordinaire, il entend bien en faire l'instrument de sa revanche. Reste à découvrir comment. Et contre qui. Des bidonvilles de Delhi aux caves de Bourgogne, des îles Marquises aux tours de Manhattan, François-Henri Désérable signe avec Le Palais un grand roman d'aventures sur le vin, portrait d'un génie hors la loi dont les crimes se dégustent.
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Catherine Meurisse « Le clan de Walden » (Dargaud)
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Nous sommes en 1845. Tous les Américains sont captivés par la société industrielle, esclavagiste et matérialiste florissante... Tous ? Non ! Un jeune homme, Thoreau, amoureux de la nature, philosophe en herbe, a décidé de faire un pas de côté. Construire une cabane au bord de l'étang paisible de Walden, dans le Massachusetts, vivre de peu, vivre à fond, cultiver un potager, tenter l'expérience de l'autosuffisance, écrire un journal, observer le vivant, voilà son programme. Autour de Thoreau gravitent des animaux peu farouches, bavards, fins connaisseurs de la terre qu'ils habitent et pas près de la céder aux humains. Au moment où tous comprennent que l'étang de Walden est menacé par la construction d'un barrage, Thoreau et ses amis humains et animaux se mettent en ordre de bataille. Le Clan est constitué. Son plan d'action sera explosif.
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Mathias Enard « Hôtel Balkan » (Actes Sud)
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Quel est le point commun entre Niort et Trieste ? Mathias Enard, bien sûr ! Lancé dans une descente en canoé de la Sèvre niortaise, la rivière de son enfance, l'auteur convoque la mémoire des fleuves ayant marqué sa vie autant que la grande histoire des Balkans. Une balade érudite et sensible qui nous entraîne sur les eaux du Danube ou de l'Isonzo, entre références historiques, souvenirs de voyages et réminiscences littéraires - de Proust à Danilo Kis en passant par Sontag ou Ungaretti. Avec, au coeur du récit, la figure de Sara, un amour de jeunesse rencontré au début des années 90 à Sarajevo, dont le souvenir hante l'écrivain.
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Sophie Divry « Rochebrune » (Actes Sud)
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Un couple en crise, accablé de deux enfants, décide de partir en vacances à la montagne pour ressouder les liens. Dès leur arrivée au village de Rochebrune, une menace rôde. Xavier maintient son projet d'alpinisme au mépris des alertes météo. Isabelle flirte avec le voisin pendant que les enfants fêtent Halloween. Quand la pluie redouble, et qu'une à une les digues physiques et morales cèdent, chacun doit faire face à son destin. Avec Rochebrune, Sophie Divry signe un roman haletant et plein d'humour, entre thriller, fable écologique et satire sociale.
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Elise Lespade « Paradisi gloria » (Le Cercle ouvert)
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L'histoire d'une famille provinciale, dans la France contemporaine, révèle une constellation de destins dévastés, minée par les traumatismes et les mensonges. Un premier roman époustouflant de puissance et d'ambition. Depuis la prison, la jeune Zoé Bromberg écrit à une certaine Isabelle, amie de son oncle, pour la prier de lui trouver un avocat. Afin de convaincre son ex-mari, ténor du barreau, de défendre l'accusée, Isabelle entreprend de lui raconter ce qu'elle sait - ou croit savoir - à propos des Bromberg. Et notamment la relation destructrice qu'entretiennent deux frères : Dimitri, l'aîné, pilote de chasse, père de Zoé, figure de domination et de violence, et Gaspard, le cadet, victime de son emprise. Peu à peu, les points de vue se déplacent, d'autres voix s'entrelacent et se succèdent. Se dévoile alors l'histoire d'une famille de petite bourgeoisie dans la France contemporaine, comme une constellation de destins dévastés, minée par les secrets, les traumatismes, les manipulations, et qui s'est complètement désintégrée à partir du jour où la mystérieuse et turbulente Alexis de la Paz, elle-même pilote virtuose, est arrivée pour épouser Dimitri. Avec ce premier roman d'une puissance et d'une ambition stupéfiantes, Élise Lespade nous précipite dans un tourbillon choral vertigineux, tragique et lumineux.
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Dans les précédentes émissions |
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Adèle Haenel « Viser juste » (L'Arche)
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Viser juste est le livre d'une vie, qui se saisit par l'écriture. Écrire et jouer, pour ressentir à nouveau, se réapproprier l'expérience sensible anéantie dans l'enfance, à travers la double forme d'une enquête et d'une méthode de jeu menée par l'autrice. Dans ce récit, l'autrice mène l'enquête : elle reconstitue des « scènes de crime », mises en perspective par le regard distancié du futur. « Seule mon obsession à comprendre me rappelle que c'est sur ma propre mort que j'enquête. » Depuis le on indifférencié de l'enfance, l'enfant objectivé par le traumatisme, accède peu à peu au je, fait corps avec son être par l'écriture. À travers cette analyse, Adèle Haenel recoud par la réflexion ce qu'elle a perdu en sensation, pour « redevenir l'habitante légitime de son propre corps », en faire le lieu d'une exploration sensuelle et politique de l'existence.
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Philippe Jaenada « L'inconnue du quai de Javel » (Flammarion)
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Le 6 septembre 1949, une jeune femme est retrouvée morte quai de Javel, à Paris, sans sac ni chaussures, manifestement rhabillée à la hâte puis déposée là par son assassin. Elle est identifiée le lendemain : c'est Louise Cansot, le modèle le plus demandé par les peintres de Montparnasse. Rapidement, quatre suspects se détachent, évidents, presque des archétypes. On dirait le début d'un roman de Simenon, mais l'inspecteur-chef Ferrière n'a pas le talent de Maigret, et doit se résoudre à classer l'affaire au bout de six mois, sans avoir arrêté personne. Soixante-quinze ans plus tard, Philippe Jaenada reprend l'enquête à partir du dossier retrouvé puis, comme à son habitude, sollicite ses contacts aux archives, exhume tous les documents, arpente tous les lieux - remonte le temps. Pour ce livre, il a lu les soixante-quinze enquêtes de Maigret, s'inspirant humblement et fidèlement des méthodes du commissaire fictif. Et il va résoudre ce meurtre bien réel, laissant le lecteur subjugué par la dextérité de son investigation et fasciné par cette jeune femme à laquelle il redonne un visage et une histoire.
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Lilia Hassaine « JE » (Gallimard)
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«- Que savez-vous de la beauté, Antoinette ? Il se tourna vers moi, suspendu à ma réponse. - Pas grand-chose. Mais je sais la reconnaître quand elle est là. - Eh bien moi, chaque fois que je la vois, elle me blesse. Quand je vois votre visage, par exemple, quelque chose en moi se trouve comme ébranlé.» Île de la Jamaïque, 1831. Antoinette Cosway, créole de bonne famille, s'éprend d'Edward Rochester, un Anglais aussi impénétrable que fascinant. Mais à la séduction enflammée succèdent rapidement des scènes vénéneuses, où les baisers sont des blessures, où toute une société livre la jeune femme à son bourreau. Des années plus tard, Antoinette tente de conquérir sa propre histoire. JE se situe à mi-chemin entre roman victorien et thriller intimiste contemporain. Lilia Hassaine s'est inspirée du personnage de la première femme de Rochester dans Jane Eyre, le roman culte de Charlotte Brontë. Elle a choisi de lui donner une voix, un corps, une destinée.
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Ananda Devi « Chronique d'un royaume perdu » (Grasset)
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Au Bouchon, petit village isolé de l'île Maurice, quatre générations se succèdent depuis le temps de l'esclavage. La violence se mêle à l'amour, la tendresse à la haine, les plus nobles passions aux vices les plus vils, les sangs des unes aux sangs des autres... Les cinq fondateurs viennent d'une plantation lointaine : trois sont nés dans la puissante et blanche famille Dumontais ; deux d'une esclave noire. Mais les trois blancs sont en vérité le fruit d'une passion entre Madame et le Vieux Bouc, un esclave magnétique qui revendique aussi la paternité des deux derniers. Bannis pour s'être liés d'amour et d'amitié, les cinq enfants devenus grands trouvent refuge dans ce lieu perdu dont ils font leur royaume, autarcique et magique, qu'ils défendent d'un seul corps, puisqu'ici sont abolies les frontières entre passé, présent et avenir ; vie et mort ; réel et fantastique. Tel homme entend sans le vouloir tous les péchés humains ; telle femme meurt et renait en déesse protectrice ; un enfant vit parmi les oiseaux quand son cousin viole et tue sans frein ; le moulin est hanté par les voix des fantômes, la nature donne les plus beaux fruits mais décapite la chapelle ; les guerres du monde contemporain rencontrent les combats intérieurs de chaque individu et l'histoire de l'humanité se reproduit dans l'infiniment petit de leurs existences débridées. Parmi eux, un enfant timide sera le chroniqueur de ce royaume hors-norme dont il livre les jours de paix, de luttes, et les nuits de folie pour empêcher l'oubli. Épopée fabuleuse, mythologie vibrante, fable majestueuse, cette Chronique d'un Royaume perdu est le chef d'oeuvre d'Ananda Devi.
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Collectif « La Grande Évasion » (Buchet/Chastel)
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Depuis plusieurs années, une vague réactionnaire s'attaque à la culture. Ses victimes ? La presse, la radio, la télévision, les livres, le cinéma... Un collectif d'autrices et d'auteurs, issus pour la plupart des éditions Grasset, décide de ne pas se résigner face à la décapitation de cette maison. Pour raconter trois mois de rébellion inédite dans le monde de l'édition, ils ont écrit ce livre à 80 voix comme un acte de joie, un acte de résistance.
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Amélie Nothomb « L'adolescence du perroquet » (Albin Michel)
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L'histoire d'Alban, un célibataire dans la quarantaine, chroniqueur radio. Le narrateur, amoureux inconditionnel du Louvre, décide un jour, après avoir lu une petite annonce, d'adopter un perroquet : un gris du Gabon prénommé Jo. Un oiseau d'une intelligence redoutable, que connaît bien l'autrice, passionnée de volatiles en tout genre depuis l'âge de 11 ans. Après des débuts quelque peu compliqués, où chacun doit apprivoiser l'autre, une véritable complicité s'installe peu à peu entre ces deux êtres que tout semblait pourtant opposer. Le narrateur en vient à considérer le perroquet comme son enfant et lui offre tout son amour.
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Yannick Haenel « La solitude des professeurs est infinie » (Gallimard)
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Jean Deichel, jeune professeur de français, fait son stage dans un collège de la banlieue parisienne. La nuit, il loge dans un Tennis-Club à Deuilla-Barre ; le jour, il découvre les difficultés du métier en même temps que ses joies profondes, la violence de l'École en même temps que sa beauté. Mais Jean est aussi un poète ivre d'aventure, attentif à trouver la lumière de la « vraie vie » au coeur du quotidien le plus gris : dans des jardins réels ou rêvés, au bord d'un lac, lors d'évasions à Pompéi et Tarquinia, mais surtout dans la grâce fragile d'un cours réussi. Avec une écriture somptueuse, qui atteint l'équilibre entre réalité politique et mystère existentiel, Yannick Haenel nous offre un grand roman sur la condition des enseignants.
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Luz « Un diamant dans les gravats » (Stock)
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« Après l'effondrement du 7 janvier, j'ai dû fouiller dans la somme de mes gravats mentaux. Pendant plusieurs années je me suis assis au bord de ce moi pulvérisé à contempler le moindre caillou. À envisager de refonder le tout. Je ne sais pas comment j'ai pu me reconstruire au fond, mais c'est dans l'exploration méticuleuse de ma personnalité à terre que j'ai finalement réussi. J'ai commencé à devenir le dessinateur que je suis désormais lorsque j'ai compris que je n'étais plus en ruine, mais en chantier. Alors forcément Beaubourg en reconstruction... Écrire évidemment. Mais dessiner aussi. Puisque le dessin a toujours été là pour me soutenir. »
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Anne Godard « Nous aussi » (Actes Sud)
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On fait partie d'une grande famille. On sait qu'on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l'été dans notre maison à la montagne. On trouve que c'est normal. C'est chez nous, c'est à nous, c'est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s'appartient. On ne sait pas comment dire je, on n'en a pas besoin, puisqu'on est nous. Nous les enfants, les frères et soeurs, les cousins, les cousines, on partage tout, nos écoles, nos chambres, nos habits, nos repas, nos jeux, nos bains, nos lits. On est les membres indissociables du grand corps familial. On n'a jamais vécu dehors. On ne sait pas ce que c'est. On n'en est pas capables. On n'en a même pas envie. Et tout aurait dû continuer ainsi, dans un même immuable recommencement. Le jour où la façade s'est fissurée, on n'a pas compris. Ça n'aurait pas dû se produire, pas dans notre famille. Ce n'était pas possible que ça nous arrive, à nous aussi.
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Thélyson Orélien « C'était ça ou mourir » (Grasset)
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Le premier roman de Thélyson Orélien est déjà le phénomène littéraire de l'année 2026. En cours de traduction dans plus d'une vingtaine de langues, C'était ça ou mourir a conquis le Québec et bientôt le monde entier, en racontant l'Odyssée de Jonas Dorléon. Après l'embrasement de son quartier de Port-au-Prince, Jonas n'emporte presque rien avec lui en quittant Haïti : un diplôme, un cahier de poèmes, la photo de sa mère. Toute une vie dans un sac plastique. Se réfugiant d'abord en République dominicaine, puis au Brésil et au Mexique, ce professeur d'histoire franchit les frontières tantôt à bord d'un autobus surchauffé, tantôt en affrontant les profondeurs de la jungle. À chaque étape des visages surgissent, des corps tombent, des solidarités se nouent puis se brisent. Dans l'espoir d'atteindre le Canada et le peu de famille qu'il lui reste, Jonas se retrouve aux portes des États-Unis, seul face aux agents de l'ICE et d'une administration prête à tout pour mener sa chasse aux migrants. Avec la trajectoire de Jonas, c'est une cartographie intime de la survie qui se dévoile. Aussi contemporain qu'universel, ce roman raconte les migrations au présent - non comme un concept, mais comme une expérience physique : marcher, avoir faim, se blesser, rire devant l'horreur pour ne pas abandonner. Thélyson Orélien y déploie une écriture foisonnante, traversée d'humour et de poésie, une langue d'exil qui s'apprend « sans grammaire, sans dictionnaire, juste avec les os et la peau ». Porté par un souffle narratif irrésistible, C'était ça ou mourir est un premier roman bouleversant qui révèle un écrivain majeur de notre temps.
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Céline
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